10-1 L’affouagiste

Rencontrer en forêt des personnes qui font leur bois de chauffage grâce à l’affouage , rien d’étonnant aujourd’hui vu le cours du pétrole. Mais comment les affouagistes procèdent-ils ? Itinéraire d’une pratique ancienne à travers quatre verbes …

??Faire :

L’affouage est une pratique qui remonte au Moyen-âge.

A cette époque, le seigneur des lieux accordait aux habitants de ses villages le droit de récolter du bois de chauffage dans les forêts. Ce droit valait pour chaque foyer ( focus en latin qui signifie foyer , feu ) d’où le nom de cette pratique.

?Aujourd’hui , l’affouagiste habite une commune forestière et fait son bois de chauffage en versant une taxe souvent modique à la commune .

?Organiser

Parmi les coupes prévues à l’aménagement et marquées par l’ONF, la commune décide , ou de les vendre , ou de les délivrer à ses habitants : ce sont celles destinées à l’affouage .

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 ?Les arbres sont marqués par les forestiers de l’ONF dans les jeunes peuplements à éclaicir et dans les taillis . Leur diamètre ne dépasse généralement pas 35 cm à hauteur d’homme .

Autre ressource , les têtes des arbres qui ont été exploités par les bûcherons pour fournir du bois d’oeuvre .

?L’affouagiste organise son chantier en fonction des chemins existants, pour préserver le sol.Il façonne son bois pendant l’hiver, en période hors sève pour bénéficier d’une meilleure qualité de bois de feu .

?Fendre :

La manutention est importante au cours de l’affouage .

?Les bois sont d’abord sectionnés en morceaux d’un mètre de long pour pouvoir être empilés. Les plus gros sont fendus pour à la fois réduire leur poids et faciliter le séchage.

?L’affouagiste utilise un merlin, hache épaisse doublée d’un gros marteau. La hache permet de fendre le rondin, le gros marteau permet d’enfoncer le coin qui provoquera l’éclatement des gros rondins résistants.

?Le bois fendu est ensuite empilé en stères pour en évaluer le volume. Ces stères seront transportés au cours de l’été, après un temps de séchage naturel.

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?Participer

Les affouagistes participent à la gestion sylvicole de la forêt communale.

?En prélevant un certain nombre de jeunes arbres identifiés par le forestier, ils permettent en effet aux autres de mieux se développer.

?Cette activité leur permet aussi d’apprécier à sa juste valeur le patrimoine de la forêt communale.

1 Le promeneur

Rencontrer des promeneurs témoigne que le milieu forestier est un espace à la fois attirant et accueillant. Suivons leurs pas légers …..

Flâner

Nous sommes nombreux à aimer nous promener en forêt . Un moment privilégié pour délaisser le quotidien et goûter au calme et à la tranquillité.

Le promeneur trouve dans la forêt un cadre propice à la détente et à la flânerie qui se savoure sans carte ni boussole .

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Profiter

Chaque saison apporte son lot de plaisirs et offre à la forêt un caractère inédit, une agréable diversité d’ambiances.

Au printemps, les tonalités vertes apportent une douceur aux paysages et témoignent de la vitalité de la nature .

En été la fraîcheur des sous bois est bienvenue tandis que les jeux d’ombre et de lumière animent le milieu forestier.

Les belles journées d’automne étalent leur palette de couleurs.

L’hiver traduit une pause sensible de la nature . Ainsi chaque saison éveille les sens et aiguise la curiosité .

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S’oxygéner

La marche à pied procure bien-être et détente au corps comme à l’esprit . La promenade en forêt permet non seulement de changer d’air mais aussi de décompresser.

Cette activité physique douce, pratiquée régulièrement, compense en partie une vie trop sédentaire . La respiration est détendue, le rythme cardio-vasculaire s’améliore et la pression artérielle diminue .

Se détendre

 » Promenons-nous dans les bois … » : voici une petite ritournelle qui nous invite à chasser le stress comme par magie . Elle fait écho aux vertus apaisantes de la forêt .

L’air pur , le climat tempéré , l’ombre rafraîchissante , la couleur verte si douce et les chants des oiseaux forment une combinaison subtile pour un bien-être apprécié .

Bien souvent , la bonne humeur et le sourire sont au rendez-vous à l’issue de la promenade.

1 Le Bûcheron

Entendre travailler un bûcheron en forêt n’est pas chose rare, et le voir abattre un arbre est toujours impressionnant.

Mais comment cet homme de métier procède-t-il ?

Quelle vision a-t-il de son activité ?

Observer

Le bûcheron commence par une observation méthodique : repérer les arbres martelés par le forestier ; prendre du recul pour observer successivement l’état du pied de l’arbre , sa physionomie , la répartition des grosses branches qui influeront sur sa chute ; déterminer les contraintes environnantes ( arbres proches , chemins de débardage ).

Ce préambule est nécessaire pour orienter la chute , choisir la méthode d’abattage et prévoir la zone de repli au moment de la chute de l’arbre .

 

Abattre

Le bûcheron commence sur les arbres de fort diamètre par dépatter les contreforts du pied de l’arbre . Il fait une entaille à l’avant , dans la direction choisie pour la chute.

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Puis , il tronçonne à l’arrière , en préservant une zone charnière sur laquelle va s’articuler la chute du tronc . Il lui est parfois nécessaire de contrarier le penchant naturel de l’arbre , en enfonçant des coins dans l’entaille arrière .

tout au long du tronçonnage , le bûcheron reste vigilant .Les tensions et défauts cachés ( pourriture du coeur par exemple ) peuvent modifier l’abattage . L’arbre chute dans un fracas de branches .

Découper

L’arbre à terre, le bûcheron commence par retirer les contre forts restants . Il continue avec l’ébranchage et le façonnage du tronc.

Il démonte entièrement la tête de l’arbre : les grosses branches sont débitées en rondins qui seront empilés , les autres branches (rémanents ) sont laissés sur place .

Le tronc prend alors une forme cylindrique . La grume ainsi obtenue est ensuite débitée en morceaux de longueur différentes suivant la qualité : la bille et la surbille .

Préserver

Le bûcheron doit tenir compte de trois paramètres essentiels.

Le premier : assurer sa propre sécurité et celle des tiers ( collègues d’équipe ou tierce personne )pour préserver l’intégrité physique de tous .

Le second : trouver la meilleure solution pour présserver la valeur de l’arbre , en particulier le tronc . Il lui est parfois nécessaire de faire éhoupper les arbres de grande valeur( chêne , hêtre , érable ondés …) car l’éclatement de leur houppier lors de la chute risquerait d’entraîner jusqu’à la fente du tronc.

Le troisième : assurer le respect du peuplement forestier alentour , en se préoccupant à la fois des arbres environnants et de la liaison avec les chemins de débardage qui desservent l’intérieur de la parcelle .

1 Le Chasseur

Rencontrer des chasseurs surprend souvent . Equipement , chiens , clameurs … les actions de chasse peuvent impressionner . Pourtant la pratique de ce loisir fait partie de la gestion de la faune et obéit à des règles de sécurités strictes .

Connaître

Le chasseur connaît les types d’habitats de la faune sauvage – ou paysages cynégétiques – et les animaux qui y vivent . Bons connaisseurs des espèces , il connaît leurs habitudes de vie : s’abriter , se nourrir , boire , se reproduire , protéger sa progéniture .

Il perçoit bien le milieu naturel : son relief , ses changements au cours des saisons , les limites du territoire de chasse .

Il connaît bien la règlementation de la chasse , la balistique , les règles de sécurité ???

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Parcourir

Selon le type de chasse pratiquée , le chasseur arpente le territoire , seul, avec un chien ou en groupe.

?Que ce soit en battue ou à l’approche , une reconnaissance préalable des lieux de passages permet de connaître et identifier la présence du gibier

??Cela permet ensuite le bon déroulement de la chassse en battue ( rabattre le gibier vers des chasseurs postés ) ou à l’approche ( pister l’animal )

?Gérer

Chasser permet de maintenir les populations de gibier dans des densités qui permettent au milieu et aux autres espèces vivantes de se développer en équilibre . Les chasseurs gèrent le milieu naturel d’une manière quantitative et qualitative .

Quantitativement, ils pallient à l’absence de prédateurs de certaines espèces comme le sanglier , le chevreuil ou le cerf .

Qualitativement, pour les grands gibiers , ils régulent la population d’une espèce dans le respect d’un ratio mâle/femelle, adulte/jeune . Cette gestion est encadrée par les plans de chasse via les Schémas départementaux de gestion cynégétique , établis pour 6 ans . ?chasseurs-2

?Agir ensemble

Ces plans de chasse associent les différents services institutionnels, les chasseurs , les agriculteurs et les usagers de la nature .

 ?Les chasseurs gèrent ainsi leur espace de loisir dans le cadre d’une démarche concertée qui allie biodiversité et équilibre faune-flore.

?Sur le terrain , chacun tient un rôle particulier dans un ensemble . Dans le cas de la chasse à la battue , pisteurs , rabatteurs , postés et directeur de chasse jouent chacun un rôle particulier . Dans le cas de la chasse à l’approche , les périodes de chasse sont réparties entre chasseurs à la fois dans le temps et dans l’espace . La chasse à l’approche ou à l’affût peut souvent se pratiquer en été avant l’ouverture générale de la chasse . 

1 Le Pêcheur

Choisir, Analyser , Méditer , Préserver … les pêcheurs sont si discrets et attentifs qu’ils se fondent presque dans le paysage .Rapporter du poisson n’est pas leur seule préoccupation . Leur présence dans la nature change aussi pour un temps le regard sur la vie .

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Choisir

Pour s’adonner à la pêche en eau douce, le pêcheur choisit préalablement , parmi six formules, la carte de pêche qui lui correspond le mieux , en fonction de ses lieux préférés et de sa technique .

Au gré de son humeur ou de la météo du jour , il choisit soit un lieu qu’il connaît bien , soit un endroit inhabituel , et adapte sa technique de pêche .

Un plan d’eau , un espace ouvert , lui permettent de profiter de la compagnie d’autres pêcheurs ; un lieu plus confidentiel , une rivière discrète en forêt , seront propice à la détente au calme et en solitaire .

Analyser

Avant de partir , le pêcheur consulte la météo car elle influe sur le comportement du poisson et le succès de la pêche . Par temps chaud , l’oxygène de l’eau se raréfie et les poissons mordent peu ; par temps de pluie , nuageux ou orageux , ils sont par contre plus actifs .

Le pêcheur commence par interpréter les ondulations à la surface de l’eau , l’ouie en alerte . Même s’il connaît les zones de retrait , les moeurs et les habitudes des poissons, il scrute leurs ombres et leurs déplacements .

Cette analyse lui suggère les endroits où évolue le poisson . Il peut maintenant choisir sa technique de pêche et lancer ses appâts au bon moment et au bon endroit .

Méditer

La pêche en eau douce est appréciée comme un moment de détente . Le pêcheur se pose , observe et apprécie un cadre naturel qui révèle son rythme et sa quiétude .

Sa patience est souvent récompensée après plusieurs heures de prospection . Le temps peut parfois paraître long avant d’obtenir une bonne prise . A la fois reposante et revitalisante , la pêche est un antidote à de l’anxiété .

Source de contemplation, et de méditation, son apparente placidité va de pair avec un regard toujours affûté sur l’eau . Loisir solitaire et paisible convivial en groupe , la pêche n’implique pas un isolement du monde .

Préserver

Pour se soustraire à la méfiance du poisson , le pêcheur doit passer inaperçu et rester silencieux . Pas de précipitation , de heurt et de bruit .

Il se déplace avec légèreté sur les berges car les poissons sont très sensibles aux variations des ondes qui se propagent du sol à l’eau . Sa maîtrise technique lui évite les gestes brusques ou trop amples .

Le pêcheur est bien sûr aussi sensible au milieu : prélèvements raisonnés pour ne pas épuiser les réserves halieutiques , parfois le  » no-kill  » , c’est-à-dire la relâche de toutes les prises ; respect des mesures spécifiques de protection , comme par exemple une taille minimale de capture ; préservation des berges , de la ripisylve et des frayères naturelles ; sensibilté aux problèmes de pollutions .

Le pêcheur participe à la conservation et la mise en valeur des milieux aquatiques . L’exercice d’un droit de pêche emporte notamment obligation de gestion des ressources piscicoles , par établissement d’un plan de gestion ( art.433.4 du Code de l’environnement ) .

1 Le Cueilleur

Qui n’a pas ramené à la maison quelques champignons, fraises des bois ou jonquilles ? L’homme du XXIe siècle n’est plus le cueilleur de la préhistoire et pourtant !

Connaître

Qu’il s’agisse de fleurs , de fruits , de plantes ou de champignons , la cueillette ne s’improvise pas .

Le cueilleur en bon connaisseur du milieu naturel , sait apprécier les espaces qu’il rencontre et est sensible à l’atmosphère forestière ( lumière, humidité , température ) .

Ses parcours évoluent au gré des saisons, pour suivre l’évolution des différentes espèces végétales qu’il a appris à reconnaître .

Deux critères sont particulièrement importants : s’agit-il d’une espèce protégée ou non ; est-elle comestible ou toxique , voire même mortelle . En cas de doute , il n’hésite pas à consulter un guide illustré qui lui permet d’affiner ses connaissances .

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Trouver

Les espèces végétales qui composent un milieu vivent en association avec leur biotrope. Aussi le cueilleur recherche le milieu adapté à sa quête , avant une investigation plus fine . Peu à peu , il passe d’une vue d’ensemble à une vue très précise à hauteur d’homme .

Il lui suffit alors de se souvenir des particularités su milieu concerné ( type de sol et de substrat , clairière , taillis , futaie , essences d’arbres environnants … ) pour retrouver son lieu de cueillette .

Pour autant, réussir une bonne cueillette n’est pas si évident. Par exemple , la météo influe beaucoup sur la présence ou non de champignons et la flore est étroitement liée aux saisons.

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La nature est généreuse : les plantes , fleurs , champignons et fruits poussent en grande quantité entre le printemps et l’automne .

Elle reste toutefois fragile : La surfréquentation d’un même lieu affecte son renouvellement, la cueillette systématique peut entraîner localement la disparition d’une espèce . A chacun d’être raisonnable dans son ramassage , et de ne pas oublier que la cueillette est une tolérance liée au droit du propriétaire .

De retour à la maison , la cueillette , nettoyée et préparée , se déguste entre amis ou sera conservée ( déshydratation pour les champignons , confiture pour les baies ) pour un usage ultérieur .

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1 Le Naturaliste

Identifier un naturaliste en forêt ? Quelques signes particuliers ne trompent pas : jumelles , sac à dos , guide … Pour partir en reconnaissance , ,ses yeux ne restent pas dans ses poches !

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Le naturaliste explore le monde vivant dans l’espace naturel , à la recherche d’une espèce animale ou végétale pour laquelle il se passionne . Curieux de nature et scientifique dans l’âme , toutes ses sorties sont sources de découvertes . Parfois, son itinéraire et les milieux qu’il explore peuvent être choisis en fonction de recherches précises.

Il choisira plutôt les grandes futaies de hêtre pour étudier le comportement du magnifique Pic noir et les grandes landes forestières pour surprendre la discrète Fauvette pitchou .

Il opte pour un parcours selon la météo du jour, vers le milieu dans lequel évolue son espèce de prédilection . Il peut aussi décider de ne pas préparer son exploration et laisser la place au hasard des rencontres ou à la poésie des paysages . Il reste alors ouvert à la moindre curiosité naturelle .

Observer

Il n’est pas facile d’observer certains animaux en forêt , les mammifères par exemple . La faune dite sauvage survit grâce à un instinct bien affûté et repère facilement une présence humaine à l’odeur . La sortie comprend généralement une séance de repérage, d’interprétation d’indices et d’empreintes complétés par la consultation de guide de poche .

L’observation de certains carnivores et oiseaux suppose de s’en rapprocher au mieux , sans les effrayer . Pour la flore, les champignons , les insectes , le naturaliste revient plusieurs fois sur place pour suivre leur évolution au fil des saisons et des années . Quand la proximité est requise , la loupe est le plus souvent utilisée.

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Relever

Le naturaliste agit souvent en véritable scientifique et interprète ses observations pour une meilleure compréhension de la nature . Son carnet lui permet de noter le jour, l’heure , la météo, le lieu , l’espèce , le nombre d’individus observés …

Il complète souvent cette description par des croquis et des dessins qui concernent un ensemble de formes ou de détails . Il peut les accompagner de prélèvements raisonnés, de prises de vue ou d’enregistrements sonores .

Dans le cas d’empreintes, il peut procéder à des moulages qu’il analysera plus tard pour en déduire le poids et l’âge .

Partager

Le plus souvent les naturalistes sont membres de réseaux qui leur permettent d’avoir accès à des informations partagées .

Internet a dynamisé ce mode de fonctionnement et favorisé les échanges internationaux .

A l’échelle d’un territoire , les données relevées permettent d’améliorer la connaissance de la faune , de la flore et des milieux naturels . A l’échelle d’une espèce donnée ou d’un habitat naturel, le recueil d’informations permet de dresser un inventaire qui sera utile pour connaître la répartition , la taille et la dynamique des populations .

Ces données sont la base même de toute action de protection de la nature . Ainsi le naturaliste est souvent l ’allié du forestier : ensemble ils assurent une gestion respectueuse des espèces animales et végétales . Une part de l’activité peut aussi être consacrée à la vulgarisation de leurs connaissances scientifiques au profit du grand public .